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VIRGINIA BOGDAN: Par miracle…

Comment ai-je connu Andrée Christensen?

Par miracle.

François Paré, repère et reconfort de mon adolescence ( manqué le rendez-vous nonchalant à Londres…devinez pourquoi!…c’était pendant les années 72-73!!!) m’avait parlé de ses écrits, je lui ai fait signe d’amitié, elle y avait répondu en toute sincerité et d’un naturel accablant.

Notre correspondence a débuté il y a plus de treize ans. Je prie Dieu qu’elle soit pour toujours!

J’avais découvert, à tour de rôle, l’intelligence, le respect, le sacrifice, l’amour, l’ouverture de l’esprit, une continuelle disponibilité à porter secours, à offrir le meilleur conseil, à faire une remarque sage et d’une délicatesse hors le commun, à offrir des dons, à travailler de manière intelligente, une autre façon d’écrire et de créer, la soeur dont j’avais toujours rêvé, une inquiètude retenue, la bonté, l’habileté de saisir l’insaisissable, le beau, de donner un sens à la vie même là où elle semble n’en avoir aucun, les moindres nuances de la pensée et de la voix.

…et puis… cette apparition-là, qui m’annonçait qu’un couple d’amis, très particuliers, allait venir dans ma vie…ma vie désertique; la mort du père après des souffrances atroces, un divorce plus long qu’un malheureux mariage…j’étais désemparée…j’avais repris, justement, la correspondance avec “le citoyen canadien” qui m’avait “coûté” une page de “strict secret” pour “l’objectif 314 surnommé OLGA”…imaginez!!!! Pour la seule raison que j’avais voulu faire connaître rien que la noblesse (!) et la dignité(!) d’un peuple, hélas….soyez-en tranquilles! J’avais réussi à traduire et faire publier (victoire!) la version roumaine de son livre Les littératures de l’exiguité.

 La Providence eut pitié de moi et de ma mère et nous fit ouvrir les yeux.

… nous avons découvert, ensemble, Andrée et moi, le sacrifice que nous avons dû éprouver à veiller…moi, mon père malade de leucémie, elle, sa mère  qui s’est éteinte de même façon que mon père, quatre années plus tard …nous savions et savons qu’est-ce que le dévouement; Andrée avait religieusement soignée sa mère à laquelle elle avait dédié Le livre des sept voiles…un livre qui” t’apprend des choses…”, comme disait ma mère, à laquelle j’avais dédié la version roumaine (une de ses rares joies que j’aie pu lui offrir de sa vie, tout comme le bonheur d’avoir connu Andrée Christensen et sa famille), livre que j’avais eu la chance de traduire et faire publier en roumain…

 Et puis…

                         …”Puisque nous fêtons notre anniversaire

                                de naissance la même journée, c’est pour moi un plaisir unique que de vous

                                 souhaiter tout ce qu’il y a de meilleur

                                 en cette journée speciale et tout

                                 au long de l’année.

                                              Votre ami canadien,

                                                                Andrew” 1999

Message traduit en français par Andrée Christensen; le message avait été adressé à ma mère, par le père d’Andrée, le jour de leur propre anniversaire, le 13 septembre…

Il n’y a que la délicatesse, infinie, de l’âme et de l’esprit, qui ait fait en sorte que nous recevions de sa part un si beau souhait…ma mère étant une parfaite inconnue, de si loin…Mais c’est elle qui m’avait fait apprendre à apprécier tout ce qui est précieux chez les  gens . Tout comme mon père, auparavant.

… nous sommes nées, Andrée et moi, la même année…

…j’ai été touchée en recevant la confirmation de mes interprétations concernant l’écriture et l’image l’accompagnant sur la couverture du Livre des sept voiles:

”(…)Comme j’ai été émue par toute l’émotion et la profondeur de ton propos. Tu es aussi la première à avoir compris le sens de la couverture. Personne n’avait remarqué la croix, le crux dissimulé, symbole de l’énergie masculine et féminine en mouvement, personne n’avait vu les petites fleurs, des lys, que dans une image une main de femme est en train de couper. C’est le symbole de Perséphone qui en cueillant un jour une fleur, fut entraînée dans les Enfers au grand désespoir de sa mère Démeter. Tu as aussi vu le personnage de Dyonisos que personne n’a vu, tous, sauf toi, passant totalement par-dessus toute l’interprétation mythologique du livre. Je me sens privilégiée d’avoir une lectrice de ton calibre et je te remercie de toute l’attention et la délicatesse de tes remarques.(…)”

Au fait, c’est moi la privilégiée; d’avoir eu la chance de la rencontrer, elle, Andrée Christensen, son ancien professeur et co-auteur de tant de livres, le “patriarche” de l’écriture canadienne, Jacques Flamand, Michel Christensen, son frère, ancien conseiller culturel, artiste surréaliste, Vincent McDonald, son époux et “ange gardien”, délicat artiste plastique. D’avoir traduit et publié leurs écrits. Quelques uns de leurs écrits.

Je les remercie encore, à cette occasion, pour m’avoir accordé leur appui et soutien matériel et moral.

 Dans ce monde qui manque d’amour, de spiritualité, de civilité souvent, j’ai reappris les “bonnes manières” d’un Coeur poétique, tout de tendresse et de Lumière.

 C’est à moi de remercier Andrée Christensen, pour tous les trésors dont elle avait comblé mon existence et le fait constamment…Richesse Spiritualité…Créativité…Générosité…Sensibilité extrême…Beauté…Bonté…

Je l’avais dit à mes étudiants lors de mes cours au Collège des Instituteurs, il y a des années, je le répéte: son écriture est un tournant dans la littérature.

 À vous de le découvrir.

…Andrée…une disponibilité infinie, comme infini est l’amour non conditionné dont je n’avais plus réjoui dès mon enfance, un amour qui donnait un sens à ma vie…

Andrée….il y a des instants où j’ai l’impression de marcher sur les eaux…

Andrée…elle me redonna l’image de moi-même, car j’étais un peu en exil…

Andrée…tant de discrétion, de délicatesse, de sagesse. Esprit vif et lucide qui m’aide à ne pas m’égarer dans le labyrinthe de l’existence solitaire…

Mon amie bien aimée pour l’éternité

                                                             MERCI INFINIMENT!

N.B.

 François fut le seul à s’intéresser à mon sort, après le tremblement de terre de 1977… personne d’autre (sauf mes parents) ne l’a fait!!!!

 Andrée  fut la seule à m’accorder une aide financière et surtout un appui moral, après l’accident provoqué par la négligence habituelle des “autorités” locales ( la mairie) qui n’ont pas cure de leurs concitoyens…ma mère, déjà malade, n’avait plus pu surmonter ce dernier coup, elle qui avait toute sa vie peiné pour la santé des autres… ce fut trop…

Virginia Bogdan